La guerre des tarifs douaniers de Donald Trump survivra-t-elle à la récente décision de la Cour suprême ? Le verdict de la plus haute juridiction américaine provoque un imbroglio total et une onde de choc mondiale. Depuis l’annulation des surtaxes douanières mises en place par le président américain puis l’entrée en vigueur dès le 24 février d’une nouvelle surtaxe universelle de 10% (qui sera peut-être portée à 15%), de nombreux accords commerciaux entre Washington et des pays tiers récemment conclus ou en passe de l’être, sont remis en cause. 

L’Inde, dont les exportations étaient taxées à 50%, a indiqué reporter ses négociations commerciales avec les Etats-Unis, espérant échapper aux lourdes concessions imposées par Washington pour signer un accord. La Grande-Bretagne a de son côté annoncé que « toutes les options étaient sur la table » et qu’elle ne s’interdisait pas de prendre des mesures réciproques. Même son de cloche du côté européen avec la suspension par le Parlement du processus de ratification de l’accord commercial conclu l’an dernier et une demande de clarification de la politique douanière américaine exigée par la Commission. 

Face à ce chaos douanier, l’entrée en vigueur de la surtaxe de 10% est globalement accueillie avec prudence par les pays qui étaient taxés davantage tant la conjoncture reste incertaine. D’autant que le président Trump a menacé d’imposer des droits « beaucoup plus élevés à tous les pays qui voudraient « jouer » avec la décision ridicule de la Cour suprême ». La Chine a riposté en appelant Washington à lever ses « mesures commerciales unilatérales » et a annoncé qu’elle « défendrait résolument ses intérêts » en cas de mesures alternatives. Et le président brésilien Lula a indiqué « ne pas vouloir d’une nouvelle guerre froide » et que « le monde n’avait pas besoin de turbulences supplémentaires ».

Dans ce climat tendu, de longues batailles juridiques s’annoncent autour de la question du remboursement de près de 130 Mds$ de taxes perçues par l’administration américaine, selon un chiffre du Financial Times. Un feuilleton douanier loin d’être terminé.