La carte mondiale des risques
La conférence de Munich s’attaque à la politique « destructrice » des Etats-Unis
C’est l’un des rendez-vous les plus attendus de ce début d’année. La 62ème édition de la conférence de Munich sur la sécurité se tient du 13 au 15 février dans la capitale bavaroise, en présence de plus de 60 chefs d’Etat et de gouvernement. L’an dernier, le discours fracassant du vice-président américain J.D. Vance avait laissé les Européens KO debout. Depuis le fossé n’a cessé de se creuser entre les alliés d’hier, les sujets de contentieux s’empilant, des tarifs douaniers au Groenland.
Cette année, l’Europe est donc sur ses gardes et semble bien décidée à rendre coup pour coup. Loin de mettre sous le tapis les fractures, crises et conflits, cette nouvelle conférence promet que « l’éléphant dans la pièce », à savoir la politique des Etats-Unis, sera au cœur des discussions, selon un rapport publié en amont de l’événement et sobrement titré « Under destruction ». Tout un programme.
Dans ce rapport aux airs de diatribe, le diplomate allemand Wolfgang Ischinger, directeur de la conférence, fait d’emblée référence au changement de posture des Etats-Unis, au « recalibrage » de leur politique étrangère et à ses conséquences sur l’ordre international, pointant une « politique destructrice ». Le document de 130 pages tente d’analyser l’impact de la nouvelle politique américaine, que ce soit vis-à-vis de l’Union Européenne, de l’Indopacifique, du commerce mondial ou encore de l’aide publique au développement. Une charge relativement inédite contre la politique de Donald Trump et les « Demolition Men », qui pourrait susciter une nouvelle passe d’armes avec le secrétaire d’Etat Marco Rubio, qui mènera la délégation américaine.
Le rapport au ton très direct cherche également à encourager les autres participants, ceux qui « continuent de croire à un ordre fondé sur des règles », que face à la « politique du bulldozer » de Washington, la seule solution est de muscler leur jeu, « d’affûter leurs outils, d’élaborer de nouveaux concepts plus durables et devenir eux-mêmes des bâtisseurs plus courageux ». L’Europe enfin prête à monter sur le ring ?