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Le risque géopolitique diffère selon les entreprises
Pour les entreprises, le risque géopolitique n’a pas le même visage selon qu’elles sont américaines, européennes ou chinoises. C’est l’un des principaux enseignements du dernier rapport de l’IFRI : « Que craignent les entreprises ? Nouvelle géographie du risque géopolitique », qui décrypte la manière dont les entreprises perçoivent les menaces selon leur nationalité et leur secteur d’activité.
Le constat est frappant. Pour les entreprises américaines, le risque géopolitique se confond largement avec la remise en cause de leur position dominante dans le monde. Les groupes européens, eux, redoutent avant tout l’érosion de l’État de droit, le recul du multilatéralisme et l’affaiblissement de la prévisibilité réglementaire. Du côté chinois, la menace prend une autre dimension : celle d’un écart idéologique vis-à-vis des orientations du Parti communiste.
Les préoccupations varient également selon les secteurs. L’énergie s’inquiète des attaques contre les infrastructures stratégiques, la finance des effets extraterritoriaux des sanctions, tandis que le secteur de la tech redoute la fragmentation des marchés et des dépendances critiques. Une seule menace semble faire l’objet d’un consensus quasi général : le changement climatique. Mais ce constat masque un paradoxe révélateur. Pour la plupart des acteurs économiques, le climat demeure encore un risque de moyen ou de long terme. En d’autres termes, le risque le plus largement reconnu reste aussi l’un des plus sous-estimés.
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