Quelques jours après un énième discours contre les « moulins à vent » prononcé par Donald Trump à Davos, les chefs d’Etat et ministres de l’énergie des pays entourant la mer du Nord se sont réunis à Hambourg (Allemagne) pour réaffirmer leur soutien à l’éolien en mer. Une filière encore en bonne partie européenne et vue comme stratégique pour la souveraineté énergétique et industrielle du continent. Ce troisième sommet de la mer du Nord – après une première édition en 2022 à Esbjerg (Danemark) et une en 2023 à Ostende (Belgique) – a réaffirmé l’objectif d’avoir 300 GW d’éolien en mer dans cette zone géographique à horizon 2050.

La cible reste floue pour 2030, alors que l’objectif de 120 GW avait été fixé lors du sommet d’Ostende. Aujourd’hui, il y a 37 GW de turbines dans les mers européennes. Le sommet de Hambourg a mis en avant la volonté des Etats de coopérer pour mutualiser les coûts. Sur les 300 GW de 2050, 100 GW devront être des projets « transfrontaliers », raccordés entre différents Etats. Les gestionnaires des réseaux électriques européens travaillent déjà sur la question et les propositions pour les premiers 20 GW sont attendues pour 2027.

Les gouvernements réunis en Allemagne se sont engagés à travailler pour faire émerger jusqu’à 15 GW d’éolien en mer par an entre 2031 et 2040, ce qui correspond à une demande de la filière. L’usage des « contrats pour différence » – mécanisme permettant de garantir des revenus et donc de la visibilité aux producteurs – sera généralisé. En contrepartie, la filière promet d’investir 9,5 Mds€ dans la chaîne de valeur, de créer 91 000 emplois et faire baisser le coût de production de l’électricité éolienne en mer de 30% en 2040 par rapport à son niveau de 2025.