Les autorités kurdes du Nord Est syrien ont repris leurs livraisons de pétrole et de gaz à Damas – 150 000 barils de pétrole et 1 million de m3 de gaz par jour – après leur suspension lors de la chute de Bachar al-Assad. Cette reprise, survenant en amont d’une conférence sur le dialogue national syrien, est un signe d’ouverture envoyé par les Kurdes, en position de faiblesse et toujours menacés militairement par la Turquie.
La nouvelle administration syrienne, très proche d’Ankara, a en effet fait part de sa volonté d’unifier et de contrôler toutes les régions du pays, de désarmer l’ensemble des factions armées dont les FDS (Forces Démocratiques Syriennes – dominées par les Kurdes) et a rejeté le principe de leur autonomie. Acculée, l’administration kurde utilise l’un des derniers leviers à sa disposition, l’énergie, pour tenter d’amadouer Damas. Il est néanmoins peu probable que cette carte suffise, d’autant que l’UE a annoncé suspendre ses sanctions contre le secteur énergétique syrien, ce qui devrait permettre à la nouvelle administration syrienne de diversifier ses fournisseurs.