C’est une affaire qui secoue le secteur des biocarburants. Selon la justice indonésienne, plusieurs entreprises locales, avec la complicité de responsables gouvernementaux, ont vendu de l’huile de palme à des producteurs occidentaux de biocarburants, en la faisant passer pour un sous-produit appelé Palm Oil Mill Effluent (POME – huile d’effluents de palme), afin de s’affranchir de taxes. Car l’huile de palme est taxée davantage que les produits POME afin de lutter contre la déforestation. Le géant italien ENI, l’espagnol Repsol, l’américain Cargill ou encore le finlandais Neste auraient ainsi été approvisionnés en huile de palme sous couvert de l’étiquetage « POME », questionnant le processus de certification de ces produits ainsi que le contrôle des chaînes d’approvisionnement.

Les soupçons de fraude sur cette huile en provenance d’Indonésie ne sont pas nouveaux : l’an dernier, Jakarta a limité ses exportations de produits étiquetés POME en raison de volumes dépassant la production estimée du pays. Une raison supplémentaire pour laquelle l’UE a décidé d’interdire l’utilisation d’huile de palme dans les biocarburants à partir de 2030.