L’essor de l’intelligence artificielle et l’électrification des usages suscitent une forte demande en cuivre, dont le prix a bondi de 40% en 2025. Le précieux métal pourrait venir à manquer selon une étude de S&P Global.
Indispensable aux nouvelles technologies de la transition énergétique et de l’Intelligence artificielle (IA), le cuivre suscite une demande n’est pas près de ralentir. Et ce ne sont pas les géants Rio Tinto et Glencore, à nouveau en pourparlers en vue d’une fusion, qui diront le contraire. C’est en substance ce que le cabinet de conseil S&P Global montre dans sa dernière étude consacrée aux perspectives mondiales de cet « or rouge », l’un des plus utilisés par nos industries. Avec un premier constat : face à une demande mondiale de 28 millions de tonnes métriques et une offre limitée, le cuivre est déjà soumis à une forte pression, d’où une hausse de prix de 40% en 2025, établissant la tonne à 12 690 dollars.
Or la demande ne risque pas de décroître de sitôt. La raison ? En premier lieu, la croissance de l’IA. Car le cuivre est indispensable au fonctionnement des data centers, pour leur alimentation électrique, leur refroidissement et infrastructure informatique. Autre moteur : l’électrification des usages. Les véhicules électriques nécessitent ainsi près de trois fois plus de cuivre que les modèles thermiques. Les équipements pour le solaire, les turbines éoliennes ou encore l’extension des réseaux électriques soutiennent également la hausse de la demande mondiale. Enfin, les systèmes de défense, dont le marché est également en plein essor, en consomment aussi en quantités importantes. S&P Global estime ainsi que la demande mondiale atteindra 42 millions de tonnes métriques par an à l’horizon 2040, en hausse de 50% par rapport à 2025, et que près d’un quart de cette demande, soit 10 millions de tonnes, pourrait venir à manquer sans nouvelles sources d’approvisionnement.
Et c’est là que le bât blesse. Car l’exploitation minière est de plus en plus chère et complexe à mener. Dans les principaux pays producteurs – Chili, République Démocratique du Congo, Pérou, Chine et Etats-Unis – les teneurs en métaux se réduisent, les coûts d’exploitation sont en forte hausse et les conditions d’extraction de plus en plus difficiles. Les délais pour la production restent très longs : 17 ans en moyenne entre la découverte et la mise en production d’une nouvelle mine. S&P Global recommande d’accélérer le développement de nouvelles mines mais également le processus de recyclage – présenté comme l’une des solutions pour combler une partie du déficit – de même que d’augmenter et diversifier nos capacités de traitement du cuivre, aujourd’hui entre les mains de Pékin. D’autant que la menace de nouveaux droits de douane américains ou d’autres chocs géopolitiques pourrait exposer davantage la pression exercée sur ce métal devenu clé à l’ensemble de nos économies….