Pour la première fois cette année, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) révèle un nouvel indicateur clé à l’occasion de la publication de son rapport annuel sur l’état du climat dans le monde. Baptisé « Earth’s Energy Imbalance », ce nouvel outil mesure la différence entre l’énergie que la terre reçoit du soleil et celle qu’elle parvient à renvoyer dans l’espace. Résultat ? Un thermomètre global de l’accumulation de la chaleur sur notre planète.
Et le constat est sans appel : tant que cet indicateur reste positif, la terre continue de se réchauffer. Sans surprise, il explose depuis plusieurs décennies, dopé par l’accumulation de gaz à effet de serre. En 2025, il atteint même un record.
Mais où va précisément cette énergie excédentaire ? Loin d’être répartie équitablement, elle est absorbée à 91 % par les océans, véritables éponges thermiques. Le reste se répartit entre les terres (5 %), la cryosphère (glaciers et banquise, 3 %) et l’atmosphère pour à peine 1 %. Cet indicateur, basé sur la température des océans et des données satellitaires, change radicalement notre perception : ce que nous ressentons, la hausse des températures de l’air, n’est que la partie émergée de l’iceberg. En réalité, elle ne représente que 1 % de l’excès d’énergie accumulée.
Le véritable choc se joue ailleurs : dans les océans, qui ont absorbé chaque année sur les vingt dernières années, une quantité de chaleur équivalente à 18 fois la consommation énergétique mondiale. Une charge colossale, loin d’être sans conséquences : depuis 1960, le rythme du réchauffement des mers et océans a plus que doublé.