Il n’a jamais exercé de mandat politique, mais il est l’un des dirigeants les plus influents du secteur énergétique ukrainien. La nomination de Serguii Koretsky au poste de Premier ministre, passée presque inaperçue dans le tumulte provoqué par le limogeage du ministre de la Défense, constitue pourtant un signal fort envoyé par Volodymyr Zelensky.
Le chef de l’État a sobrement justifié ce choix par la nécessité de « préparer le pays pour l’hiver ». Une formule qui résume l’enjeu : en Ukraine, la sécurité énergétique est devenue un front de guerre à part entière. Ingénieur de formation et dirigeant chevronné, Serguii Koretsky présidait jusqu’alors le groupe public Naftogaz, après être passé par la compagnie pétrolière Ukrnafta. Sans expérience politique, ce spécialiste de la gestion de crise hérite d’une mission cruciale : protéger les infrastructures énergétiques, cibles privilégiées des frappes russes, et garantir l’approvisionnement du pays à l’approche de l’hiver.
Une responsabilité qui semble taillée sur mesure pour celui qui revendique un bilan solide à la tête de Naftogaz. Devant les députés, il a défendu les résultats obtenus malgré le pilonnage du réseau énergétique, déclarant : « Nous avons traversé l’hiver le plus difficile et assuré un approvisionnement ininterrompu en gaz pour les Ukrainiens (…) Nous avons démontré que la gestion publique peut et doit être efficace. » Au-delà d’un simple changement de gouvernement, ce choix confirme que la résilience énergétique est désormais l’un des piliers de la stratégie ukrainienne.