Après Trump, c’était au tour de Poutine d’être accueilli en grande pompe par le président Xi Jinping. Une séquence diplomatique qui confirme le statut central de la Chine dans un monde fracturé par les crises géopolitiques. Derrière les déclarations officielles sur une relation sino-russe « inébranlable », un dossier stratégique a dominé les discussions : le gazoduc Force de Sibérie 2. Ce projet titanesque doit relier la péninsule russe de Yamal à la Chine via la Mongolie, avec une capacité de transport de 50 milliards de m³ de gaz par an, bien au-delà des 38 mds transportés par Force de Sibérie 1, opérationnel depuis 2019. Un projet sur lequel « d’assez grands progrès » ont été réalisés selon le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, mais qui n’a pas abouti à un accord, pourtant espéré par Moscou. Un revers pour la Russie, d’autant plus dans le contexte de crise énergétique déclenchée par le blocage d’Ormuz et la guerre au Moyen-Orient.
La prudence chinoise envoie un message clair : malgré la baisse de ses importations d’hydrocarbures, Pékin reste en position de force et entend préserver ses marges de manœuvre, même face à son partenaire russe.