Le canal de Panama tourne au ralenti. Face à un déficit d’eau inédit, l’autorité du canal a annoncé une réduction du nombre de navires autorisés à emprunter cette voie maritime, fragilisée par une sécheresse aggravée par le phénomène El Niño. Entre mai et août, le canal a reçu 44% de volume d’eau en moins que la moyenne. Une situation qui contraint les autorités à limiter le trafic à 34 navires par jour, puis à 32 à compter du 15 septembre, contre 36 habituellement. Une nouvelle restriction s’ajoutera à partir du 1er octobre avec une réduction du tirant d’eau autorisé pour les navires.
L’enjeu est majeur : par cette infrastructure, qui s’élève jusqu’à 26 mètres au-dessus du niveau de la mer, transite environ 5 % du commerce mondial. Son fonctionnement repose sur de l’eau de pluie stockée dans des lacs artificiels, qui alimentent aussi la population panaméenne en eau potable. À chaque passage, un navire mobilise environ 200 millions de litres d’eau douce. Or la situation pourrait encore se détériorer. Le gouvernement anticipe pour 2027 une saison sèche plus longue et plus intense que la normale, sous l’effet d’El Niño. De quoi faire du manque d’eau un enjeu non seulement environnemental, mais aussi commercial et géopolitique pour l’une des principales artères du commerce mondial.