Confrontée au blocage prolongé du détroit d’Ormuz, la Chine voit ses importations maritimes de pétrole s’effondrer. Selon les estimations de la société Kpler, elles devraient tomber de 9,3 millions de barils par jour en avril à seulement 6,4 millions en mai.
Pour compenser cette chute des approvisionnements, Pékin puise massivement dans ses réserves commerciales, à raison d’1 million de barils par jour au cours des trois dernières semaines. Plutôt que de se livrer à une surenchère coûteuse sur des marchés déjà sous tension, les autorités misent sur les stocks accumulés depuis le début de l’année 2025. Une stratégie rendue possible par une politique d’achats agressive menée bien avant la guerre en Iran. Au cours des premiers mois de 2026, les stocks commerciaux chinois se sont ainsi renforcés de près de 70 millions de barils, alimentés par des importations massives de pétrole russe et iranien. Un choix qui s’avère payant : selon le cabinet Rystad Energy, même dans l’hypothèse où les prélèvements doubleraient pour atteindre 2 millions de barils par jour, la Chine disposerait encore de réserves suffisantes pour couvrir ses besoins jusqu’à la mi-septembre.