Et si l’Union Européenne détenait déjà une grande partie des métaux critiques dont elle a cruellement besoin ? C’est le constat dressé par une étude consacrée au recyclage des matières premières stratégiques au sein de l’Union européenne ainsi qu’en Islande, en Norvège, en Suisse et au Royaume-Uni. Selon ce rapport FutuRaM (Future Availability of Secondary Raw Materials), ces pays pourraient couvrir jusqu’à 56 % de leurs importations de 42 matières premières critiques, parmi lesquelles l’aluminium, le cuivre, le manganèse, le nickel ou encore le silicium, simplement en recyclant les métaux contenus dans leurs déchets.
Pour les auteurs de l’étude, le Vieux Continent dispose d’un immense gisement inexploité : les « mines urbaines » : batteries et piles usagées, véhicules hors d’usage, équipements électroniques, déchets industriels ou matériaux issus du bâtiment qui pourraient devenir une source stratégique d’approvisionnement. À condition d’être correctement collectés et traités, ces déchets permettraient de récupérer entre 4,1 et 5,7 millions de tonnes de minerais par an d’ici 2050. Une perspective qui pourrait réduire significativement la dépendance européenne vis-à-vis de la Chine, aujourd’hui dominante sur le marché des métaux critiques.