Londres vient de franchir un cap en nationalisant la société British Steel, détenue depuis 2020 par le groupe chinois Jingye, afin de garantir officiellement « une capacité nationale vitale » de production d’acier. Après avoir pris le contrôle opérationnel de l’entreprise l’an dernier, le gouvernement britannique va plus loin en procédant à sa nationalisation après l’adoption par le Parlement d’une loi l’autorisant à placer l’industrie sidérurgique sous contrôle public lorsqu’un impératif d’intérêt général le justifie. Cette décision intervient alors que Jingye affirmait perdre près de 700 000 livres sterling/jour avec British Steel et réclame désormais une compensation financière aux autorités britanniques.
Au-delà du sauvetage de l’entreprise, cette opération marque le retour assumé de l’État dans un secteur considéré comme essentiel à la souveraineté industrielle du Royaume-Uni. Pour Peter Kyle, secrétaire d’État chargé de la stratégie industrielle, elle doit permettre que le Royaume-Uni « ne perde pas sa capacité de production d’acier et devienne entièrement dépendante de l’approvisionnement mondial ».
Sans cette intervention, le Royaume-Uni risquait de devenir le seul pays du G7 à ne plus disposer d’une capacité de production d’acier vierge, un scénario jugé incompatible avec ses ambitions de réindustrialisation et de souveraineté.