Le blocage du détroit d’Ormuz a-t-il provoqué un électrochoc énergétique en Asie ? Alors que les États et les entreprises asiatiques avaient déjà programmé 4300 Mds$ d’investissements dans l’énergie d’ici à 2030, un récent rapport de la banque Morgan Stanley estime que la crise pourrait augmenter l’addition de 1200 Mds$. Objectif : accélérer la production domestique et diversifier les fournisseurs comme les sources d’énergie afin de réduire une dépendance devenue critique.
Les investissements dans les infrastructures énergétiques devraient ainsi croître de 11 % par an au cours des cinq prochaines années, contre à peine 2 % par an en moyenne depuis une décennie. Cette nouvelle vague de dépenses profitera d’abord aux énergies fossiles. Face aux vulnérabilités révélées par le blocage d’Ormuz, les pays asiatiques privilégient le renforcement de leur production nationale de charbon ainsi que les investissements dans le raffinage pétrolier, les capacités de stockage, les gazoducs, les réseaux électriques et les centrales à gaz.
Le rapport souligne toutefois que le nucléaire et les énergies renouvelables devraient également capter une part croissante des capitaux. À terme, cette réorientation de la politique énergétique permettrait à l’Asie de réduire la part des importations dans sa consommation d’énergie, de 36 % aujourd’hui à 29 % d’ici à 2030.