Serait-ce le plus beau trophée de guerre de l’administration Trump ? Depuis février, les exportations de GNL des États-Unis vers l’Asie connaissent une envolée spectaculaire, dopées par le blocage du détroit d’Ormuz et l’arrêt brutal de la production qatarienne. Ainsi, en l’espace de deux mois, les livraisons vers les marchés asiatiques ont bondi de 175 %, passant de 970 000 tonnes métriques en février à 2,71 millions en avril, selon le cabinet d’analyse de données LSEG. Un record historique qui illustre le basculement accéléré des flux énergétiques mondiaux depuis l’intervention militaire américano-israélienne. Résultat : près d’un quart des exportations totales de GNL américain prennent désormais la direction de l’Asie, région la plus fragilisée par les ruptures d’approvisionnement en hydrocarbures. Derrière ces mouvements se joue une recomposition stratégique des dépendances mondiales au profit de Washington.
L’Union européenne demeure toutefois le premier débouché du gaz américain : en avril, elle a importé 6,14 millions de tonnes métriques de GNL en provenance des États-Unis, soit plus de la moitié des exportations américaines. Autre victime collatérale des perturbations : l’Égypte, qui a dû massivement augmenter ses achats de GNL américain, avec des importations culminant à 710 000 tonnes métriques en avril. Une hausse fulgurante qui traduit l’état de tension extrême des marchés énergétiques mondiaux.