Dans son rapport annuel World Energy Investment 2026, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les investissements mondiaux dans l’énergie atteindront un niveau record de 3 400 Mds$ en 2026. Près des deux tiers, soit environ 2 200 Mds$, seront consacrés aux infrastructures électriques, au stockage, au nucléaire, aux énergies renouvelables et aux carburants bas carbone. Les énergies fossiles capteront les 1 200 Mds$ restants.

Mais derrière ces chiffres se dessine une tendance inattendue : l’essor fulgurant des centres de données et de l’intelligence artificielle redonne un coup d’accélérateur au gaz naturel. L’AIE souligne que les investissements dans la production d’électricité à partir du gaz devraient doubler pour atteindre près de 120 Mds$ en 2026, leur plus haut niveau depuis un quart de siècle. Cette dynamique est largement portée par les géants américains de la tech. Face à une demande qui explose et à la saturation croissante des réseaux, ces entreprises cherchent des solutions rapides pour alimenter leurs centres de données. Résultat : les commandes de nouvelles centrales à gaz ont atteint 130 GW en 2025, un niveau exceptionnel selon l’AIE. Entre 2025 et le 1er trimestre 2026, les data centers américains ont ainsi annoncé près de 30 Mds$ d’investissements dans des capacités électriques alimentées au gaz.

Les États-Unis sont devenus le principal moteur de cette relance, approuvant davantage de projets de turbines à gaz que n’importe quel autre pays, y compris la Chine. Alors que la transition énergétique se poursuit à grande vitesse, le développement de l’intelligence artificielle rappelle qu’à court terme, la révolution numérique pourrait aussi renforcer la dépendance mondiale au gaz naturel.