Après l’Union européenne, Paris monte à son tour au front de la bataille des métaux critiques. Le gouvernement français a dévoilé le 5 mai un plan stratégique destiné à réduire sa dépendance aux terres rares étrangères avec en ligne de mire l’objectif de desserrer l’étau chinois sur ces ressources aux technologies de demain.
La stratégie française repose sur trois axes majeurs : sécuriser les approvisionnements en terres rares et aimants permanents, reconstruire une chaîne de valeur complète sur le sol national et inscrire cette initiative dans un cadre européen et international. Au-delà de la signature de plus d’une vingtaine d’accords avec des pays tiers producteurs de minerais, Paris affiche une ambition industrielle assumée pour 2030 : produire 10 % de la demande mondiale en terres rares lourdes, soit l’intégralité des besoins européens, ainsi que 25 % des besoins européens en terres rares légères. Pour concrétiser cet objectif, l’État mise sur deux sites stratégiques capables de séparer les oxydes de terres rares : l’usine de Solvay à La Rochelle (Charente-Maritime) et celle de Carester à Lacq (Pyrénées-Atlantiques). À l’horizon 2030, ces infrastructures pourraient produire jusqu’à 3 800 tonnes d’oxydes de terres rares légères et 800 tonnes de terres rares lourdes. Le gouvernement espère ainsi transformer une vulnérabilité stratégique en levier de souveraineté.