Une audition stratégique devant la commission parlementaire sur la souveraineté numérique… dans une salle de l’Assemblée nationale presque vide. Tout un symbole. Devant les députés, Arthur Mensch, patron de Mistral AI, a livré le 12 mai un avertissement sans détour : l’intelligence artificielle n’est plus un simple enjeu technologique, mais une question de puissance, de souveraineté et de survie économique. Le dirigeant de la licorne française a décrit une course mondiale où les États devront maîtriser trois ressources clés : l’électricité, les centres de calcul et les modèles d’IA. Faute de quoi, ils deviendront dépendants des géants étrangers.

Dans cette bataille, la France dispose, selon lui, d’un atout majeur : une électricité abondante, stable et décarbonée grâce au nucléaire. Mais cet avantage contraste avec un retard critique sur les infrastructures de calcul et les modèles d’intelligence artificielle souverains. Arthur Mensch souligne également un autre frein : l’Europe elle-même. Procédures trop lentes, réglementation excessive, fragmentation du marché… autant d’obstacles qui, selon lui, pénalisent les acteurs face aux offensives américaines et chinoises. Son avertissement est clair : sans réaction rapide, la France, et plus largement l’Europe, risque de devenir un simple territoire consommateur d’IA étrangères, reléguée au rang d’« État vassal ».