Le blocage du détroit d’Ormuz a brutalement rappelé la vulnérabilité énergétique de l’Inde. Fortement dépendante de ses importations d’hydrocarbures, New Delhi voit dans l’électrification des transports un moyen de réduire son exposition aux chocs pétroliers. Mais cette évolution risque de déplacer une dépendance vers une autre. Car à mesure que le pays accélère sa transition énergétique, son besoin en batteries explose.
Tirée à la fois par l’essor de la mobilité électrique et le développement des capacités de stockage, la demande en batteries avancées devrait connaître une croissance spectaculaire. Selon une étude récente de l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis, elle passera de 28 GWh en 2025 à 272 GWh dès 2030, avant de dépasser les 700 GWh dans les années 2040 ! Une trajectoire qui soulève un défi stratégique majeur : en cherchant à réduire sa dépendance au gaz et pétrole importés, l’Inde risque de renforcer sa dépendance vis-à-vis de chaînes d’approvisionnement dominées par la Chine.