Sous pression face à la flambée des prix de l’énergie, Berlin arrache le feu vert de Bruxelles pour subventionner l’électricité utilisée par ses industries lourdes (chimie, acier et ciment) : le prix de l’électricité sera plafonné, le gouvernement fédéral compensant la différence par rapport au prix de marché. Une enveloppe de 3,8 Mds€ sera débloquée à cet effet. Pour le ministre des Finances, Lars Klingbeil, l’enjeu est clair : « renforcer la compétitivité de notre industrie à l’échelle internationale et préserver les emplois dans notre pays ». Un dispositif d’autant plus stratégique qu’il est validé jusqu’à fin 2028.
Mais Bruxelles a posé des lignes rouges : le prix réduit doit être fixé à un minimum de 50 euros/MWh. Autre exigence, les entreprises devront réinvestir au moins la moitié des économies réalisées dans des processus de production à plus faible empreinte carbone.
Dans le sillage de Berlin, d’autres États membres s’engouffrent dans la brèche : les aides d’Etat de la Bulgarie (pour 334 M€) et de la Slovénie (90 M€) ont été approuvées. Un signal de plus que face à la crise énergétique, l’Europe accepte peu à peu de desserrer ses règles pour préserver son industrie.