Les négociations climatiques intermédiaires de Bonn, étape technique cruciale dans la préparation de la COP31, se sont conclues sans accord. Aucun texte n’a été adopté, illustrant la persistance des fractures entre pays développés et émergents. Au cœur des blocages : la question du financement climatique. Les discussions sur les transferts financiers vers des pays en développement n’ont enregistré aucune avancée significative. Même impasse sur les contributions climatiques nationales (NDC), pourtant essentielles pour relever l’ambition mondiale en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Plus inquiétant encore, plusieurs délégations ont dénoncé des « attaques contre la science » menées par un petit groupe de pays étroitement liés aux intérêts des énergies fossiles. Selon l’ONG canadienne Earth Negotiations Bulletin, l’Inde, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït se sont notamment opposés au renforcement de la lutte contre la désinformation climatique portée par le GIEC. Plusieurs coalitions de pays auraient également tenté d’affaiblir le consensus scientifique sur le réchauffement climatique.
Dans ce contexte, quelques avancées émergent néanmoins. Les négociateurs ont progressé sur les principes d’une « transition juste » ainsi que sur l’électrification des usages, avec un objectif porté à 35 % d’ici 2035, contre environ 20 % aujourd’hui. À quelques mois de la COP31, qui se tiendra à Antalya, en Turquie, du 9 au 20 novembre prochain, cette session de Bonn laisse surtout apparaître l’ampleur du fossé à combler pour remettre les négociations climatiques sur les rails.