La ruée vers les minerais critiques bouleverse les échanges internationaux. C’est le principal enseignement du dernier rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement*. Énergies renouvelables, véhicules électriques ou encore centres de données font exploser la demande, portée par des enjeux économiques, industriels et géopolitiques majeurs. Avec un premier constat : les États mobilisent de plus en plus des outils commerciaux pour sécuriser leurs approvisionnements, renforcer leur compétitivité et consolider leurs chaînes de valeur. Depuis 2020, près de 100 nouvelles mesures encadrant le commerce des minerais critiques ont ainsi été recensées : obligation de licences (37), taxes à l’exportation (31) et interdictions d’exportations (29). La République démocratique du Congo arrive en tête des Etats à l’origine de ces dispositifs, suivie par la Chine et l’Indonésie. 

Deuxième tendance : la multiplication des accords et partenariats. Depuis 2022, 58 nouveaux partenariats sur les minerais ont été conclus. Avec un bilan toutefois mitigé : dans les pays en développement, ces accords se concentrent souvent sur l’exploration et l’extraction, avec peu de création de valeur. Ils tendent également à réduire les marges de négociation de ces États et à accentuer la concurrence entre blocs. 

Autre limite à ces politiques commerciales, la fragmentation croissante des cadres réglementaires. Car l’empilement de règles parfois incohérentes risque de freiner les efforts de transition. Face à ces dérives, l’agence onusienne plaide pour une approche multilatérale coordonnée et pour un commerce ouvert, plus favorable aux pays en développement. Une façon de rappeler que dans cette nouvelle bataille des ressources, la transition a besoin de règles du jeu plus équilibrées.

The shifting dynamics of critical minerals trade, CNUCED, juin 2026