« La mise en œuvre du plan REPowerEU nécessite une impulsion forte et coordonnée » : le constat de Mihails Kozlovs, membre de la Cour des comptes européenne qui a publié un rapport sur ce sujet le 9 septembre, est sans appel. Lancé en 2022 pour affranchir l’Union européenne des combustibles fossiles russes et renforcer son indépendance énergétique, le plan REPowerEU accuse aujourd’hui un retard préoccupant. Sur les 300 Mds€ d’investissements supplémentaires jugés nécessaires d’ici 2030, seuls 54 Mds ont été engagés. Pour la Cour des comptes, le dispositif « montre des signes de faiblesse ».
Un constat d’autant plus inquiétant que la sécurité énergétique du continent est à nouveau menacée avec le blocage persistant du détroit d’Ormuz. Diversification des approvisionnements, développement des renouvelables, renforcement des interconnexions énergétiques transfrontalières : dans plusieurs domaines clés, les objectifs du plan restent loin d’être atteints. Seul point positif, les importations de pétrole et de gaz russes ont fortement diminué, une dépendance qui n’a pas totalement disparu.
Surtout, l’Europe n’a pas seulement remplacé certaines dépendances : elle en a créé de nouvelles, notamment vis-à-vis des États-Unis. Face à ces fragilités persistantes, la Cour des comptes de l’UE appelle à un véritable sursaut et à prendre exemple sur la défense, qui en temps de crise, a su faire émerger une gouvernance commune et davantage coordonnée. En guise de conclusion, la Cour des comptes lance un avertissement clair : l’Europe ne peut plus attendre la prochaine crise énergétique pour accélérer sa transition et sécuriser durablement ses approvisionnements.